La position de Nellie's* concernant les femmes et la santé mentale

Publié le par Zinzin Zine

La position de Nellie's* concernant les femmes et la santé mentale

Par Nellie's (Juillet 2009).

 

Principes.

 

Nellie's considère la santé mentale comme un spectre, unique pour chaque femme et enfant. Nous pensons que le bien être émotionnel et physique des femmes est influencé par les réalités sociales et économiques. Nous comprenons que les femmes et les enfants qui font l'expérience de la violence et de la maltraitance développent des stratégies afin de survivre. La violence ne prend pas uniquement la forme de l'agression physique mais aussi du racisme, du sexisme, du colonialisme, du validisme, de l'hétérosexisme, du classisme, et de n'importe quelle autre forme d'oppression déshumanisante. Les réactions des femmes face au trauma sont diverses et uniques, et sont souvent étiquetées comme anormales par celleux qui ne comprennent pas leurs logiques et nécessités.

Le système de santé mentale actuel est enraciné dans la psychiatrie et soutenu par le manuel diagnostique et statistique (DSM-IV), un livre qui liste et décrit les troubles mentaux et les troubles de la personnalité. La psychiatrie et le DSM-IV repose sur le jugement des comportements et des perceptions normaux-ales et anormaux-ales, fondé sur le consensus d'un petit comité, qui appartiennent tou-te-s exclusivement aux plus privilégié-e-s de notre société. La définition de ce qu'est un comportement ou une perception normal-e change d'une génération à l'autre et d'une culture à l'autre. Le concept de « maladie mentale » est par la même socialement construit et est le produit de forces coloniales, patriarcales, et capitalistes qui façonnent la culture nord-américaine, tout comme un reflet des normes et valeurs actuelles, plutôt qu'une théorie fondée sur des preuves scientifiques. Nellie's estime que cette approche est erronée et que ses fondements nécessitent un examen critique.

 

Les expériences des femmes sont façonnées par un climat de misogynie et de sexisme, en fonction d'une société patriarcale. Par conséquence, les femmes sont confrontées à la violence et à la maltraitance aussi bien qu'aux inégalités sociales, économiques et de santé. Les femmes et les enfant sont forcé-e-s de s'adapter à la réalité de leur environnement en tant que milieu dangereux ce qui influence la manière dont iels interagissent et existe dans le monde. Historiquement, les diagnostics de femmes ont servi d'explication pour des comportements et des perceptions que nous associons maintenant à des réponses au trauma. Nous estimons que le comportement « symptomatique » se déroule sur un continuum, et que tout-e le monde en fait l'expérience à un certain niveau. C'est uniquement lorsque la manifestation commence à interférer avec le vécu quotidien et les objectifs de l'individu-e, tels que définis par l'individu-e, qu'une intervention devient nécessaire.

 

Les femmes sont diagnostiquées de façon disproportionnelle comme souffrant de « maladie mentale » même lorsque leur homologues masculins présentent le même comportement1. Les stratégies de survie développées à la suite d'un traumatisme sont interprétées comme des symptômes en utilisant le DSM IV, ce qui conduit à des étiquettes et des diagnostics psychiatriques. Cet étiquetage des mécanismes de défenses en tant que « symptômes » situe le problème dans l'individu-e, et ne tient pas compte des questions fondamentales, comme la violence et la maltraitance dans la vie des femmes. Inversement, la reconnaissance de la violence dans la vie des femmes est sublimée par des diagnostics tels que le syndrome de la femme battue (trouble de stress post-traumatique), qui par défaut maintient l'idée d'une défaillance individuelle. Une analyse plus pertinente situerait le problème dans les structures sociales actuelles qui sous-tendent une misogynie si omniprésente, la maltraitance et l'exploitation des femmes et des enfants.

 

Les étiquettes psychiatriques servent à opprimer et marginaliser des communautés et elles éradiquent les droits afin de renforcer et maintenir le statut quo. Les femmes lesbiennes, bisexuelles et transgenres continuent à être pathologisées en raison de leur incapacité à adhérer au modèle de sexualité et de genre hétéro-normatif. L'étiquette de maladie mentale rend les femmes vulnérables à la violence et la maltraitance à un niveau à la fois individuel et systémique. Nous estimons que la psychiatrie et le système de santé mentale supporte intrinsèquement des formes d'oppressions telles que le racisme, l'hétérosexisme, le validisme et la transphobie2.

 

Nous reconnaissons que d'être étiquetées comme ayant une « maladie mentale » peut avoir des conséquences négatives pour les femmes. Un diagnostic a le pouvoir d'exacerber davantage la moindre souffrance mentale qu'une femme traverse. Elle peut subir une stigmatisation, ce qui augmente la possibilité de violence, de maltraitance et de discrimination. Elle peut également trouver qu'un diagnostic limite ses possibilités et son efficacité personnelle.

 

Notre position

 

L'analyse et le cadre de réflexion de Nellie's sont façonné-e-s par une approche féministe, anti-raciste et anti-oppression, ce qui signifie que nous considérons la société comme étant fondamentalement basée sur le patriarcat, le racisme et de multiples autres formes d'oppressions basées sur la classe, l'âge, l'orientation sexuelle, les capacités, l'identification de genre, la race, le lieu d'origine, l'ethnicité, la nationalité, la religion, l'affiliation politique, le casier judiciaire, le statut marital, la statut familial, les expériences de vie et l'apparence. Notre analyse met également en évidence la complexité du pouvoir et du privilège, en incluant la façon dont les multiples formes d'oppressions s'intersectent en créant des impacts différents ainsi que des besoins et des problématiques diverses selon les différents groupes de femmes.
 

La discrimination systémique et l'oppression basées sur la race, la classe, l'orientation sexuelle, le statut familial, l'identification de genre, l'âge et les capacités, doivent être prises en compte dans le cadre d'une approche intégrée pour aborder les problèmes et les obstacles auxquel-le-s les femmes sont confrontées dans le système de santé mentale actuel.
 

Il existe de nombreux biais qui peuvent influencer le processus qui consiste à poser un diagnostic psychiatrique et entraîner ainsi la compromission des soins. Insister sur le cerveau comme étant la cible de l'intervention conduit à ignorer l'importance du contexte social. Les psychiatres, qui sont perçu-e-s comme des expert-e-s, doivent acquérir une conscience critique de leur propres biais et des impacts qu'iels peuvent avoir en influençant le bien-être mental de leurs client-e-s.
 

Les critères médicaux énumérés dans le DSM IV existent dans un contexte inondé de privilège blanc, de patriarcat et de colonialisme. Les priorités capitalistes, sexistes et moralistes sont fermement enracinées dans le DSM IV et sous-tendent les définitions de ce qui est normal et de ce qui est anormal. Les minorités les groupes marginalisé-e-s sont plus souvent diagnostiqué-e-s comme ayant une « maladie » en vertu de ce modèle. Les femmes constituent un de ces groupes. Le DSM IV énumère les troubles qui sont soit exclusivement développés pour expliquer le comportement des femmes (par exemple le trouble dysphorique prémenstruel) ou bien appliqués à tout-e le monde en principe, mais en pratique assignés plus fréquemment aux femmes (par exemple le trouble de la personnalité borderline et les troubles de l'humeur)3

 

Lorsque les femmes ont commencé à faire la une des journaux pour avoir tué leur parents, tuteurs ou partenaires maltraitants, la communauté médicale a été forcée de reconnaître la réalité de la violence dans la vie des femmes comme un déterminant pour la santé – émotionnelle, mentale ou autre4. La psychiatrie en particulier a montré des corrélations entre la maltraitance et la violence persistantes et graves et les passages à l'acte suicidaires ou meurtriers. En conséquence, une nouvelle « maladie » a été développée pour expliquer les réponses, les comportements et les perceptions consécutives des femmes : « le syndrome de la femme battue », plus récemment listé sous le nom de « trouble de stress post-traumatique ». Ce diagnostic, tout en reconnaissant la violence comme facteur de la santé mentale des femmes, continue de situer le défaut dans l'individu-e plutôt que dans la société qui autorise la maltraitance et la violence contre les femmes. On peut dire la même chose concernant des « maladies » comme « la dysmorphophobie » et «l'anorexie mentale » – qui en disent plus sur la violence perpétrée sur les femmes et les filles à travers la dévaluation persistante et courante de leurs corps, que sur un défaut inhérent au cerveau.

 

L'expérience de discrimination ne peut pas être facilement réduite à un facteur – le genre. L'intersection d'une multitude de facteurs, particulièrement de réalités socio-économiques, contribue à des impacts complexes et instables sur la santé et le bien-être. Par exemple, les femmes sont concentrées dans des domaines d'emplois marqués par des salaires plus bas et des statuts à temps partiel. Cela les rends inéligibles à l'assurance maladie, et aux aides du travail généralement dévolues à ceux qui sont dans une position plus valorisée par la société. Comme l'a indiqué l'Association canadienne de santé mentale : « la participation limitée à la vie publique, la prise de décision réduite, les attentes de rôle dévalorisés, la pauvreté, la violence et la maltraitance sexuelle grève le potentiel de bien-être mental. » La santé mentale ne peut être comprise isolement des conditions sociales de la vie des femmes – le contexte dans lequel le comportement « symptomatique » d'une femme se produit devrait être pris en compte avant qu'un diagnostic non-informé ne soit posé.
 

Lorsque des individu-e-s sont présumé-e-s « malades menta-le-ux », on néglige les explications alternatives de la détresse et on assigne des valeurs et des jugements à des comportements et des perceptions. Les diagnostics peuvent avoir à la fois des effets positifs et négatifs sur la façon dont un-e individu-e se considère et est considéré-e par les autres. Pour beaucoup de femmes, un diagnostic peut mener à un cadre de référence qui lui permet de reconnaître l'impact que ces comportements et perceptions ont sur la réalisation de ses objectifs. Cependant, la stigmatisation de la maladie mentale tend à exacerber les difficultés que les femmes rencontrent, menant à des dissensions familiales, des discriminations à l'emploi, le rejet social et une estime de soi et une efficacité personnelle diminuées.

 

La recherche, les avancées médicales et le système de santé mentale actuel sont principalement fondé-e-s sur les réalités des hommes blancs. Jusqu'à ce que le système actuel incorpore et rende prioritaire des outils, des modèles ainsi qu'une une analyse culturelle et basée sur le genre (GBA) [NDT : gender-based analytic en anglais], qui prennent en compte la réalité de ce que c'est que d'être une femme nous continuerons à recevoir des traitements et à nous voir offrir des soutiens qui sont oppressifs, mal-informés et inefficaces.

 

La psychiatrie en tant que pratique est alignée au capitalisme et à la société nord-américaine, dans laquelle nous, en tant que femmes, sommes ancrées. Des millions de dollars sont dépensés tous les ans pour le développement et la commercialisation des médicaments et des substances pharmaceutiques psychiatriques, entraînant des effets dévastateurs et durables sur l’environnement couplés à des profits monumentaux pour les entreprises pharmaceutiques. La distribution de fonds gouvernementaux soutient la recherche continue de produits pharmaceutiques plutôt que le développement de stratégies alternatives, efficaces et inclusives pour soutenir les femmes et les enfants. Nous considérons les déterminants sociaux de santé comme un facteur majeur de la détérioration de la santé mentale, plus que la pathologie biologique. Nous préconisons que les financements soient attribués à des organisations d'usager-e-s et de proximité qui soient dédiées au développement de programmes holistiques, efficaces et divers pour soutenir les femmes. Nous pensons que l'implication du gouvernement devrait porter sur des stratégies visant à réduire les structures sociales qui sous-tendent la large inégalité entre femmes et hommes, et la marginalisation socio-économique des femmes et des enfants – particulièrement celle des communautés privées de droits comme celles des queers, transgenres, racialisées, handicapées, primo arrivantes, et immigrées.

 

Nous reconnaissons le nombre disproportionné de femmes aborigènes, de femmes issues de communautés racialisées qui ont subi de la violence dans le système de justice pénale, et nous reconnaissons la corrélation avec la surreprésentation de ces femmes dans le système de santé mentale actuel5. Nous considérons le placement de ces femmes dans des systèmes gérés et détenus par les plus privilégiés de la société, dans lesquels le choix, la liberté et la participation à la société sont sévèrement restreints, comme une opportunité pour maintenir le statu quo.


 

Nous faisons un lien entre le traumatisme intergénérationnel, la consommation de substances et la détérioration de la santé mentale. Le génocide culturel des communautés aborigènes et l'héritage des pensionnats autochtones continuent d'avoir un effet profond sur la santé et le bien-être des communautés aborigènes. Nous considérons l'échec à tous les niveaux du gouvernement pour reconnaître l'impact d'une telle violence catastrophique sur le bien-être psychologique, physique, et spirituel de cette communauté comme une négligence et un fait inacceptable. Des stratégies uniques et ciblées sont nécessaires pour commencer à affronter les diverses couches de traumatisme et de maltraitance présentes dans cette communauté et pour combattre le racisme, le sexisme et le colonialisme rampant et la discrimination et l'oppression continues subies par les femmes aborigènes. Cela s'applique aussi aux communautés qui ont subi le traumatisme et la violence comme résultat de la guerre, du colonialisme et du capitalisme, comme les femmes réfugiées, particulièrement celles qui se sont déplacées des suites d'une diaspora ou d'une extermination ethnique.

 

Nous voyons un système d'immigration biaisé, articulé à des politiques oppressives qui contribuent aux facteurs de stress social et psychologique tels que : la xénophobie, la pauvreté, le racisme, la discrimination, l'isolement, la participation réduite à la communauté et à la société. Ces éléments conduisent à la détérioration de la santé et du bien-être mental des individu-e-s et des familles. Un manque de soutien pour les primo-arrivant-e-s et les réfugié-e-s, y compris l'insuffisance des formations linguistiques et professionnelle accessibles, isolent davantage ces communautés, particulièrement les femmes primo-arrivantes et réfugiées qui sont reléguées à la maison en raison d'un manque de services de garde d'enfants, de revenus et de transports. Les femmes immigrées, primo-arrivantes et réfugiées – qui sont les plus susceptibles d'avoir subi de violents conflits dans leur pays d'origine – sont de ce fait plus vulnérables à la violence et la maltraitance dans leur nouvel environnement et moins susceptibles de bénéficier de systèmes de soutien significatifs en dehors de la maison. Le racisme, la discrimination, la transphobie et l'homophobie aggravent encore le vécu de femmes déjà en situation précaire. Nous voyons un lien entre la pauvreté, les déterminants sociaux de santé et les femmes racialisées, primo-arrivantes et immigrées et leurs communautés.
 

Nous considérons le handicap comme un obstacle supplémentaire pour l'accès aux systèmes de soutien, aux soins de santé, et comme une voie menant tout droit à la pauvreté. Ces composantes mènent elles-mêmes à une capacité réduite à la participation, à une vulnérabilité à la violence et la maltraitance, à une capacité d'agir et une efficacité personnelle limitées, à une estime de soi réduite, à des liens rompus avec les membres de la famille et de la communauté, à une mauvaise nutrition, à une santé physique réduite, et par conséquent, à une détérioration de la santé mentale. Les femmes handicapées sont encore plus marginalisées lors de l'entrée dans le système psychiatrique par la violence, la maltraitance, la discrimination, la stigmatisation et l'entrave au choix et à l'accès à l'information. Souvent les femmes issues de communautés racialisées ont tendance à se frayer un chemin dans le système psychiatrique à travers le système judiciaire en raison du retard avec lequel elles reçoivent le type d'aide nécessaire au moment nécessaire. Cela vient ajouter une autre étiquette et une autre couche de marginalisation.

 

Nous considérons la violence et le traumatisme comme omniprésent-e-s et très étendu-e-s, englobant le validisme, le sexisme, la transphobie, l'homophobie, l'islamophobie, le racisme, la discrimination, le colonialisme et toutes les autres formes de discrimination et d'oppression. Ces doctrines déshumanisantes provoquent des réponses qui sont ensuite étiquetées par le système de santé mentale actuel comme « anormales », aboutissant à la pathologisation et au diagnostic des femmes. Nous voyons l'étiquetage, la catégorisation et le jugement attaché-e-s à ces réponses comme une méthode pour maintenir le statu quo et imposer l'idée d'altérité [NDT : « otherness » en anglais]. Nous observons que celleux fréquemment étiqueté-e-s comme « malade », ou « anoraux-ales » font souvent déjà partie de communautés marginalisées et stigmatisées comme : les femmes identifiées comme trans et queer, les femmes de couleur et les femmes aborigènes.
 

Nous considérons les mères jeunes, célibataires et déplacées pour raisons économiques, et les femmes enceintes comme particulièrement vulnérables dans le système de santé mentale. La pauvreté, la violence et le manque de nutrition adéquate, d'hébergement, de sécurité et de soins de santé, ont des influences qui exposent les femmes et les enfants aux risques de détérioration de la santé mentale. Les femmes enceintes et les mères sont souvent stigmatisées en raison de supposées maladies mentales et sont victimisées au sein du système de protection de l'enfance. On impose aux femmes d'accepter des diagnostics et des traitements, malgré des facteurs sociétaux et environnementaux qui peuvent causer ou contribuer aux « symptômes » identifiés par des individu-e-s extérieur-e-s. Les femmes sont contraintes et manipulées afin d'accepter les diagnostics, les traitements et les procédures intrusives telles que les traitements par électrochocs (ECT), dans le but de sécuriser les visites, ou en prétextant d'illusoires retrouvailles avec leurs enfants. Les doubles rôles des femmes dûs aux inégalités économiques, à la monoparentalité, et à la réalité des mères jeunes élevant des enfants avec peu voir aucun soutien familial et communautaire mènent à l'instabilité et à la détérioration de la santé émotionnelle et physique. Le manque de protection actuel des mères contribue à une mauvaise santé mentale à la fois pour la mère et l'enfant, particulièrement dans le contexte de violences conjugales ou familiales, de stigmatisation, d'isolation et d'implication des services de protection de l'enfance.
 

Les femmes devraient être considérées comme les expertes de leurs propres vies et soutenues pour faire des choix informés. Nellie's soutient les femmes accédant au système actuel en leur permettant un consentement éclairé, et estime que les femmes devraient avoir accès à des informations objectives décrivant leurs choix, les implications des diagnostics et des traitements, ainsi que les alternatives disponibles. Les femmes devraient être consultées dans l'élaboration d'un plan de soutien et de traitement et devraient en être l'exécutrice chaque fois que cela est possible. Nellie's estime que l'utilisation de la psychiatrie ne devrait pas être prise à la légère ni ces conséquences sous-estimées. Alors que la société est devenue plus dépendante de la psychiatrie pour expliquer et légitimer la souffrance personnelle, Nellie's estime que dépasser ces préjugés est essentiel pour répondre avec justesse aux femmes concernant tous les aspects de nos vies incluant, sans exhaustivité : la santé, l'éducation, le logement, le travail et le système judiciaire.
 

Les femmes ont besoin d'un éventail plus large de traitements et de soutiens que celui qui est actuellement disponible. Il est absolument nécessaire de mettre en place des systèmes qui procurent des soutiens pratiques comme la garde d'enfants, le transport, l'assistance médicale et la nutrition, en parallèle à des traitements cliniques lorsqu'une femme choisit de participer à de telles interventions. Les femmes devraient être consultées dans l'élaboration de plans de soutiens et de traitements, et devraient avoir accès à des alternatives par rapport à ce qui est couvert par l'assurance santé et aux possibilités traditionnelles. Les usagèr-e-s ont identifié l'importance de mettre l'accent sur le rétablissement plutôt que sur la « gestion de symptômes »6. Les femmes devraient avoir un droit absolu d'accepter ou de refuser les médicaments et les traitements, un accès total aux informations décrivant les avantages ainsi que la possibilité de tourner le dos à n'importe quelle option de traitement, et devraient recevoir des explications quant aux alternatives. Nous avons besoin d'une approche plus holistique pour répondre aux circonstances individuelles des femmes.

 

Les stratégies de changement

 

Le comité, le personnel et les client-e-s du service vont être actif-ves dans les stratégies de changement. Le travail sera fondé sur la mission de l'organisation et informé par le travail que nous effectuons avec les femmes et les enfants au sein de nos programmes et services.

Nous travaillerons avec d'autres groupes de femmes dans des coalitions et des partenariats au niveau municipal, provincial et fédéral pour aborder les problématiques des femmes et de la santé mentale.

 

Nous maintiendrons une adhésion aux organisations de femmes et à d'autres organisations qui abordent la santé mentale des femmes à partir d'un modèle non-médical.

Nous maintiendrons une adhésion aux organisations de défense des enfants qui soutiennent l'équité et qui ont une approche anti-oppression et anti-psychiatrique à la santé mentale des femmes.

 

Nous participerons aux actions de justice sociale qui identifient le besoin de services de santé mentale spécifiques pour les femmes et d'une approche diverse et individualisée pour soutenir les femmes ayant reçu un diagnostic en santé mentale ou risquant d'être confrontées au système de santé mentale.

 

Nous chercherons activement à impliquer les usagères et survivantes tout comme les femmes risquant d'être confrontées au système de santé mentale dans la planification et la mise en œuvre de programmes et de services cherchant à soutenir les femmes.

Nous continuerons à identifier les réalités changeantes des femmes et de leurs enfants et les impacts que ces changements ont sur la santé et le bien-être mental-e.

 

Nous impliquerons les usagères et les survivantes dans l'évaluation des programmes et des services de façon continue.

 

Nous travaillerons en partenariat aussi bien avec les organismes communautaires de santé mentale au service des femmes à partir d'un modèle médical/traditionnel qu'avec ceux dont le cadre de référence part des usagères et de l'antipsychiatrie.

Nous respecterons les voix et les expériences des femmes en tant qu'expertes et nous initierons des formations de personnel-le-s, de bénévoles, et de membres de l'administration qui reflètent cela.

 

Nous participerons activement avec nos programmes et services à l'éducation des femmes, ainsi que des membres de la communauté au sujet de la santé mentale en appliquant une approche anti-oppression et culturellement compétente.

 

Nous travaillerons dans tous les secteurs et domaines d'éducation et de défense communautaire pour modifier les conditions sociales et économiques qui perpétuent la pathologisation des femmes et de leurs stratégies de survies.

 

Nous ferons en sorte dans tou-te-s les discussions et les travaux concernant la santé mentale dans lesquel-le-s nous serons impliquées, d'introduire dans la discussion un cadre d'action féministe et anti-oppression. En outre, nous resterons activement impliquées dans le travail anti-oppression.

 

Nous ferons activement pression sur les gouvernements municipal, provincial et fédéral pour qu'ils fournissent un financement adéquat aux services et à la recherche en santé mentale qui soit centré sur les femmes et qui ait une approche diverse.

 

Les méthodes que nous utiliserons pour provoquer un changement social pourront inclure la participation à des coalitions, l'éducation du public, des campagnes médiatiques, et l'action politique directe comme la participation à des manifestations et des rassemblements, des délégations, des dépôts de plaintes, et le refus de participer à des programmes gouvernementaux oppressifs.

 

Nous proposerons des programmes et des services qui répondront aux besoins de la diversité de femmes et d'enfants qui ont vécu la pauvreté, la violence et l'oppression. Des programmes et des services qui prennent en compte les besoins des femmes et qui renforcent leurs positions économiques, sociales et sanitaires leur permettront de se protéger elle-mêmes et de soutenir leurs enfants.


 

 Références:

 

Ad hoc Working Group on Women, Mental Health, Mental Illness and Addictions. (May 2006).

Women, Mental Health and Mental Illness and Addiction in Canada: An Overview.Online. URL: www.cwhn.ca/PDF/womenMentalHealth.pdf

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British Columbia Centre of Excellence for Women‟s Health. Mainstreaming Women’s Mental  Health. Online. URL: www.bccewh.bc.ca/publications-resources/documents/

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www.cmha.ca

Caplan, P. and Cosgrove, L. (2004). The Construction of Illness. In P. Caplan and L. Cosgrove (ed). Bias in Psychiatric Diagnosis. New York: Jason Aronson, xix-xxxiii. 

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Cosgrove, L. and Riddle, B. Gender Bias and Sex Distribution of Mental Disorders in DSM-IVTR. (2004). In P. Caplan and L. Cosgrove (ed). Bias in Psychiatric Diagnosis. New York: Jason Aronson, 127-140.

Crandall, C. and Feldman, D. (Feb 2007). Dimensions of Mental Illness Stigma: What about Mental Illness Causes Social Rejection? Journal of Social and Clinical Psychology, 26(2), pp.137-154.

Gomel, M.K. (1997). Nations for Mental Health: A Focus on Women. Geneva: World Health  Organization. Online. URL: whqlibdoc.who.int/hq/1997/WHO_MSA_NAM_97.4.pdf

Hankivsky, Olena. (Summer 2006). Reflections on Women‟s Health and Gender Equality in Canada. Canadian Women Studies, 25 (3/4), pp.51-56.

Linder, Meadow. (2004) The Construction of Illness. In P. Caplan and L. Cosgrove (ed). Bias in  Psychiatric Diagnosis. New York: Jason Aronson, 3-7. 

Marple, L. (2009) Beyond Pathology: „Women and Mental Health‟, Nellie’s Newsletter Pg. 2 

Mead. S, MSW, Copeland. M.E, M.S, M.A „What recovery means to us: Consumer‟s perspectives‟, Community Mental Health Journal, Vol. 36, No. 3, June 2000


 


 


 

 

* NDT : Nellie's est une organisation féministe du Canada qui offre des programmes d'aide et des services à des femmes et des enfants qui ont connu où connaissent des situations d'oppressions telles que la violence, la pauvreté et l'absence de logement. (http://www.nellies.org)

 

 

1 WHO (2009) Gender and women's mental health: Gender disparities and mental health: The Facts http://who.int/mental_health/prevention/genderwomen/en/

2 Ali, Alisha. The Intersection of Racism and Sexism in Psychiatric Diagnosis. In P. Caplan and L. Cosgrove (ed). Bias in Psychiatric Diagnosis. New York: Jason Aronson, 71-75.

3 WHO (2009) Gender and women's mental health: Gender disparities and mental health: The Facts http://who.int/mental_health/prevention/genderwomen/en/

4 Canadian Mental Health Association. (1995). Women & Mental Health. Online. URL: www.cmha.ca

5 Caplan, P. and Poland, J. (2004). The Deep Structure of Bias in Psychiatric Diagnosis. In P. Caplan and L. Cosgrove (ed). Bias in Psychiatric Diagnosis. New York: Jason Aronson, 9-23

6  Mead. S, MSW, Copeland. M.E, M.S, M.A „What recovery means to us: Consumer's perspectives‟, Community Mental Health Journal, Vol. 36, No. 3, June 2000

 

 

 

 

 

Source : http://www.nellies.org/

 

Traduction de l'anglais. Cette traduction est participative, toute personne peut proposer des  améliorations, cette version est donc en permanence susceptible d'être modifiée.

PDF. du texte en anglais

 

 

 

 

 

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