Fille de psychiatre

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Fille de psychiatre

Par Mariel Chance (14/05/16)

[TW : maltraitance parentale, abus sexuels, auto-blessures, violences psychiatriques et institutionnelles]

La psychiatrie affirme que les diagnostics psychiatriques correspondent à des maladies organiques, incapacitantes et qui durent toute la vie, malgré le fait qu'il n'y ait aucun test physique permettant de déterminer une maladie mentale. Je dirais que les diagnostics psychiatriques s'apparentent plus à un outil de stigmatisation et de manipulation, posés sur une personne d'une manière autoritaire lorsque le psychiatre le juge bon. Je suis bien placée pour le savoir ; ma mère était une psychiatre.

Je met l'accent sur « était » parce qu'à l'âge relativement jeune de 53 ans elle a mis fin à ses jours, laissant derrière elle ma sœur, moi-même, et un sac de sport rempli de cachets pour ses divers diagnostics. Est-elle morte à cause des cachets, ou malgré eux ? Elle avait reçu le diagnostic de dépression, d'anxiété, de TSPT [trouble de stress post traumatique], et de trouble bipolaire. Et c'est sous cet angle que j'ai découvert le paradigme des soins psychiatriques, que j'ai fini par détester.

J'avais 11 ou 12 ans lorsque ma mère m'a diagnostiqué un trouble bipolaire. Je ne suis pas certaine des facteurs ayant conduit à cela ; par contre je sais que je ne me suis jamais entendue avec ma mère . J'étais la fille au franc parler, la fougueuse qui ne tolérait pas les humeurs tumultueuses et la virulence fréquente de ma mère. Mais parce que ma mère était une psychiatre et parce qu'elle avait elle-même le diagnostic, elle savait mieux que personne. Peu de temps après qu'elle m'ait faite diagnostiquée, j'ai été mise sous Depakote, et c'est ainsi qu'a débuté mon voyage dans les bureaux de psychiatres, les hospitalisations, les centres de traitements, et même vers davantage de médicaments.

Je dois dire que je suis détachée émotionnellement de mes souvenirs de cette période de ma vie. Une grande partie de cette époque est brumeuse, et une partie est effacée. Peut-être est-ce à cause des médicaments, mais c'est comme si je racontais un film que j'ai vu un million de fois.

Je n'étais pas une enfant difficile avant d'être diagnostiquée. J'avais le tableau d'honneur, et malgré ma relation instable avec ma mère (et le fait d'avoir été en thérapie pour cela depuis l'âge de 8 ans), je n'étais pas horrible. Pour ma mère, en revanche, j'étais un fardeau à porter. Après que j'ai été diagnostiquée et mise sous Depakote, j'allais « bien mieux », malgré mon attitude introvertie et le constant tremblement de mes mains. Elle avait prétendu que mes notes chutaient, ce dont je ne peux trouver la preuve à posteriori, mais c'est vrai qu'après avoir été mise sous Depakote je ne me battais plus avec elle autant et mes notes se sont en fait améliorées.

Cette période crépusculaire n'a pas duré longtemps. À un moment j'ai commencé à toucher aux drogues récréationnelles, particulièrement après que ma mère m'ait initié à la marijuana. Cela, bien sûr, a confirmé mon diagnostic clinique, et ma première hospitalisation psychiatrique a eu lieu à Boston après que j’eus décidé d'organiser une fête non autorisée, continuant ainsi sur le chemin de la médicalisation de ma déviance.

J'ai atterri à l'hôpital McLean pour deux semaines. Je ne me souviens pas beaucoup de mon séjour à part que j'ai été lourdement médicamentée et que je faisais des promenades jusqu'à la mare aux canard. En plus du Depakote j'ai pris un peu de Zoloft parce que, bien sûr, j'étais déprimée (par le fait d'être dans ce lieu misérable!).

Après mon hospitalisation, ma mère est devenue plus catégorique lorsqu'elle proclamait à quelle point j'étais malade. Elle a continué à insister pour que je prenne mes médicaments puisque j'étais si malade ! Regardez ce que j'ai fait ! J'ai organisé une fête. La prochaine chose qui a validé son idée (dans son esprit) a été lorsque j'ai été renvoyé du pensionnat dans lequel elle m'avait envoyé. Je n'avais pas eut envie d'y aller dès le départ, et après avoir été prise à fumer de l'herbe à deux reprises, j'ai été renvoyée. J'ai paniqué, décidé de sniffer mes somnifères (qui à un certain moment avaient été ajoutés au cocktail) et fini à l'infirmerie pendant trois jours en attendant qu'elle viennent me chercher avec son petit ami nouvellement acquis.

Mes parents avaient divorcé lorsque j'avais 10 ans, et lorsque ma mère est apparue avec un homme que je n'avais jamais rencontré, j'étais choquée. Je ne le savais pas encore à l'époque, mais rencontrer cet homme, « Tony », sera un point de bascule dans la vie de toute ma famille.

Tony était un patient de ma mère et l'avais été pendant plusieurs années. Selon elle, il était un peu déprimé et légèrement anxieux. Elle lui prescrivait de l'OxyContin pour son mal de dos.

Tony s’est avéré aller bien plus mal que ce que ma mère ne pensait. Il prétendait être un « exécutant » et voulait que je travaille pour lui. Il sentait l'état mental fragile de ma mère et utilisait cela comme une arme contre elle, prétendant (sans réellement le faire) qu'il avait mis les lignes téléphoniques sous écoute et mis des micros dans les arbres autour de notre maison. Il a commencé à être aux petits soins avec moi, à essayer de se lier d'amitié avec moi, m'a donné de la marijuana et les cachets d'anxiolytiques que ma mère lui prescrivait, et ensuite il a commencé à me molester.

Les choses ont vraiment empirées lorsqu'une nuit, ma mère m'a appelé alors que j'étais chez mon père et m'a dit que mon père allait m'envoyer dans un hôpital ou dans un programme et qu'il fallait que je vienne avec elle sur le champs. Là voilà qui me manipulait pour me faire croire que mon père utiliserait les même tactiques qu'elle avait utilisées contre moi.

Je me suis glissée hors de la maison de mon père cette nuit fatidique et j'ai retrouvé ma mère et Tony en bas de la rue. Nous sommes restéEs chez ma mère, et puis le matin suivant nous sommes alléEs à un hotel à environ une demi-heure de là. Tony a payé le réceptionniste pour qu'il efface nos noms de leurs dossiers de sorte que si la police n'appelle, ils ne me trouvent pas ; j'étais maintenant considérée en fugue parce que mon père ne savait pas que j'étais partie. Ma mère et Tony prétendirent qu'iels ne savaient pas où j'étais pendant tout ce temps.

Je suis restée dans l'hôtel pendant deux semaines. Les jours étaient consacrés à consommer apathiquement de la marijuana, des cachets, et de l'alcool, tout cela fournit par Tony et ma mère. Elle partait la nuit et Tony abusait de moi sexuellement. Je ne me rappelle plus si j'étais sous traitement pour ma « bipolarité » à l'époque.

Finalement, je suis sortie de là. Tony était en train de me promener en voiture pendant la journée, ce qui était rare ; un policier lui a demandé de s'arrêter et dans la panique, Tony m'a demandé de sauter de la voiture ; je l'ai fait, et ensuite les policiers m'ont emmené. De là, je suis allée dans deux maisons d’accueil, la première pour quelques jours, la seconde pour plusieurs mois. Ensuite j'ai été admise dans ma première institution de traitement à long terme, l'école de Red Rock Canyon dans l'Utah.

À cette époque mon cocktail de médicaments comprenaient du Depakote, du Zoloft, des somnifères et du Seroquel. Le Seroquel c'était le coma en cachet. Pour que j'entre à Red Rock mon père m'a dit que nous allions rendre visite à ses amiEs dans l'Utah ; il m'a alors donné une dose plus forte de Seroquel dans l'avion, je suis tombé dans les vapes, et quand je me suis réveillée j'étais dans cet endroit bizarre avec des gens me demandant de retirer mes piercings à l'arcade ou bien ils le « feraient pour moi ».

Je suis sûre que ma mère a dit à l'institution tout un tas de choses horribles sur moi : que j'étais une délinquante, une fugueuse, que j'étais incontrôlable, etc. Cet « internat thérapeutique » a vraiment peaufiné mon diagnostic , et les médecins de l'institution ont expérimenté toutes sortes de cachets. Je prenais tellement de Seroquel que j'étais fatiguée toute la journée et que mon séjour à Red Rock demeure flou. Ils m'ont aussi fait essayer divers stabilisateurs de l'humeur et antidépresseurs parce que j'avais un nouveau diagnostic de TSPT en raison des abus sexuels. En plus de me garder sous médicaments, cette institution a mis en œuvre un paradigme de soins appelé la « Culture positive entre pairEs », qui était une modalité de modification comportementale dans laquelle vos pairEs pouvaient se confronter agressivement à vous dans le cadre d'un groupe. C'est dans ce programme que j'ai commencé à m'auto-blesser. Je pense que je voulais juste ressentir quelque chose. J'étais tellement engourdie par tous ces médicaments, pourtant on m'encourageait constamment à partager mes émotions ou alors je ne « collaborais pas au programme». La souffrance physique était, en revanche, quelque chose que je pouvais encore ressentir, donc je me lacérais les jambes, à l'insu du personnel.

Et voilà qu'âgée de 15 ans j'étais déjà dans une institution de traitement à long terme. Sur le papier j'étais : folle ! Pendant tout ce temps, touTEs les adultes dans ma vie avaient parlé à ma place. Je n'ai jamais eu l'impression d'être quoi que ce soit de ce qu'iels disaient, mais je m'y suis faite. Qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ? À chaque fois que je m'étais rebellée cela n'avait fait que confirmer à ma mère ce qu'elle pensait de moi. Pendant la période où on me trimballait d'un endroit à l'autre, je me suis retrouvée dans une salle d'audience avec ma mère disant au juge à quel point j'étais malade et incontrôlable. J'avais besoin d'être sous médicaments, et j'avais besoin de tout le traitement que je recevais.

Après que je sois sortie de Red Rock ma mère a fait une fixation sur le fait que j'étais gravement malade, et elle a commencé à dire que je serais considérée comme invalide. Elle avait l'habitude de me dire que j'étais si malade (et maintenant que j'avais essayé les drogues, j'étais aussi une toxicomane) que j'aurais besoin d'être sous ISS [Inhibiteurs de la Synthèse de la Sérotonine] et ISRS [Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine] toute ma vie. Elle aimait me dire (et à n'importe qui d'autre qui l'écouterait, y compris les psychiatres) que j'étais « doublement pénalisée génétiquement » – une toxicomane et une bipolaire. En raison de cela, disait-elle, je ne serais pas capable de prendre soin de moi passés mes 18 ans. Cette menace a plané au dessus de ma tête pendant un bon moment.

Je vivais avec ma mère à Orlando, en Floride, dans ma période post-Red Rock (cela malgré le fait que nous ne nous entendions pas et que j'ai été soumise à des abus sexuels sous sa garde). Ce fut pendant cette période que je me suis retrouvée menottée pour la première fois de ma vie. Elle a utilisé le régime du Baker Act contre moi, ce qui en Floride signifie que quelqu'unE est admisE contre sa volonté dans un hôpital psychiatrique pour 72 heures d'observation.

En raison des humeurs tumultueuses de ma mère, elle n'avait pas d'heure de couvre-feu cohérente pour moi. J'étais sorti avec unE amiE, et lorsque je suis arrivée à la maison ma mère a décidé que j'étais « en retard ». Je montais les escaliers jusqu'à l'appartement, fumant une cigarette, et elle a déboulé dehors demandant que je monte immédiatement. Je voulais finir ma cigarette et c'est ce que j'ai dit. En réponse à ça elle a dévalé les escaliers, m'a attrapée par le bras, ses ongles s'enfonçant dans ma chair, et m'a tirée vers le haut des marches. Ma désobéissance était d'évidence symptomatique de mes « maladies », donc elle a demandé à ce que je prenne mes médicaments sur le champs. Je lui ai dit que je ne prendrais pas les cachets, et elle a commencé à essayer d'ouvrir ma bouche et de me forcer à les avaler. En réaction j'ai vivement rejeté sa main et les cachets ont roulé sous le frigo.

Ma mère a immédiatement décroché le téléphone et appelé la police. « J'ai une fille adolescente qui est incontrôlable ! » gémit-elle à la/au standardiste du 911. Quelques minutes plus tard j'ai été escortée à la voiture de police, menottée et conduite dans un hôpital psychiatrique. Je me souviens de la blouse marron que je portais, mais pas grand chose d'autre. Après 72 heures j'ai été transférée dans un autre hôpital où j'ai passé deux semaines.

Au cours de ce second séjour à l'hôpital, ce qui m'a vraiment marquée est à quel point je me sentais impuissante. Je me souviens de sentir que ma mère me maltraitait et que personne ne m'écoutait. J'ai essayé de m'exprimer face à des médecins, des infirmiers, n'importe qui, mais je sentais que parce que ma mère était une psychiatre et moi sa fille folle, on ne me prenait pas au sérieux. J'ai acquis le diagnostic de « trouble de la personnalité borderline » dans cet hôpital, malgré le fait que le diagnostic ne pouvait être donné à quiconque ayant moins de 18 ans et que j'avais 16 ans à l'époque. Je suppose que mes auto-blessures et ma désobéissance n'étaient pas des symptômes de mon environnement, du traumatisme auquel je faisais face, ou du fait d'être médicamentée de force – non, quelque chose clochait dans ma personnalité.

Cette hôpital aimait faire des expériences avec mes médicaments. J'étais sous Paxil, Seroquel, Depakote, Trazodone, et je suis sûre que j'en oublie d'autres. Après une séance de « thérapie » particulièrement pénible avec ma mère, je me suis mise tellement colère que j'ai commencé à lui crier dessus. La réponse de l'hôpital a été de me donner de l'Haldol et de me mettre en isolement dans ma chambre pour toute la journée. Je me rappelle avoir pensé qu'au moins les médicaments me fatiguaient et qu'ainsi je pouvais dormir pour passer le temps.

Après avoir été libérée je suis retournée vivre avec ma mère. Malgré que je sois une « toxicomane », elle a continué à fumer de l'herbe avec moi et à me donner son Ativan, ce qui ne me dérangeais pas parce qu'elle était en fait plutôt supportable quand elle était défoncée.

Je n'avais aucune idée que cela constituait son plan pour me faire admettre dans une autre institution résidentielle à long terme. Elle a admis plus tard qu'elle prenait de la drogue avec moi parce qu'elle savait que je finirais par prendre aussi d'autres drogues, et que ça lui permettrait de m'envoyer me faire soigner.

Je ne sais pas comment elle m'a piégée pour que j'aille dans cet endroit ; peut-être avec quelque choses d'aussi simple qu'un rendez-vous chez le médecin. L'endroit où j'ai atterri était l'enfer sur terre. Ça s’appelait S.AF.E. (Éducation Familiale contre l'Abus de Substance) Inc. C'était dans un centre commercial anodin. Je ne savais pas à l'époque que les méthodes qu'ils employaient étaient expérimentales et suivaient les principes du lavage de cerveau utilisé dans les camps d'emprisonnement chinois. Je ne savais pas non plus que le programme était une émanation d'un autre programme appelé Straight Inc. qui avait été fermé en raison de ses méthodes abusives, mais avait réouvert le même jour sous le nom de S.A.F.E. Inc. ! Tout ce que je savais à ce moment là c'est que j'étais fichue.

Je pourrais dédier un livre entier à ce que j'ai vécu à S.A.F.E. Cet endroit n'employait pas de psychiatres, de médecins, de travailleurs social, ou de thérapeutes. C'était un programme du type « qui aime bien châtie bien » pour des toxicomanes adolescentEs, et les seules personnes qui pouvaient aider nos âmes rebelles étaient celleux qui avaient traversé cela par elleux-mêmes. En dépit du manque de surveillance médicale, nous étions tout de même sous médicaments. Les toxicomanes étaient sous médicaments ! Selon certains récits il arrivait que S.A.F.E surmédique des personnes avec de l'Adderall, mais ce ne fut pas mon cas. On me donnait mon régime tri-quotidien de stabilisateurs de l'humeur, d'antidépresseurs, et d'antipsychotiques atypiques. Si je ne prenais pas mon traitement, j'étais perçue comme non coopérative et ne « collaborant pas au programme ». Pour un tel crime je pouvais être réprimandée et renvoyée à une phase antérieure ( c'était un programme graduel en cinq phases). Je me souviens comment une fille qui était là dedans avec moi était si lourdement médiquée qu'elle s'endormait debout et avait constamment un filet de bave coulant de son menton.

Le moins qu'on puisse dire est que mon emprisonnement à S.A.F.E. fut une expérience déplaisante. L'expérience la plus particulièrement désagréable (mis à part le sentiment constant et dominant de crainte et de malheur que je ressentais à chaque seconde de chaque jour) fut lorsque l'équipe perdu mon traitement. Même si j'étais censée être une horrible toxicomane destinée à mourir sans le programme, je n'avais jamais fais l'expérience d'un sevrage médicamenteux – mais c'était avant qu'ils perdent mes médocs ! Pendant trois jours je n'étais que contorsion, transpiration et vomissement tandis que j'étais étendue sur un matelas en plastique sur le sol poussiéreux. À l'époque, je ne savais pas à quel point il était dangereux d'arrêter ces médicaments si soudainement, mais je suis maintenant consciente que j'aurais pu subir une crise convulsive puisque le Depakote est un anticonvulsif.

Je suis sortie du programme dans un délai relativement court de 14 mois (court si l'on considère que certainEs individuEs sont réstéEs là pendant 4 ou 5 ans, et 2 ans était la moyenne). Après ma sortie, J'ai vécu ce que la sociologie appelle un sentiment d' « anomie » ; qui est l'absence de normes. Je ne savais pas ce que la société attendait de moi. J'avais été soumise à une forme de contrôle de la pensée pendant les derniers 14 mois et je ne savais pas quoi faire de moi.

Je ne pouvais pas retourner vivre avec mon père (il ne voulait pas avoir affaire à moi) ou ma mère (à la moitié du programme elle avait décidé qu'elle ne l'aimais plus et a été par conséquent excommuniée ; je n'étais pas autorisée à lui parler ou même à penser à elle). Je suis donc allée vivre pendant un temps avec unE parentE pour le programme de post-soins, jusqu'à ce que je décide que je ne voulais plus rien à voir avec le programme et que je parte.

Bien que ce fut une période très instable de ma vie – j'étais de fait sans-abris, logeant chez des amiEs, et vivant dans des hôtels – ce fut aussi très instructif. J'ai décidé d'arrêter de prendre tous mes médicaments, et je l'ai fait sans assistance médicale. Je n'ai jamais vraiment senti que j'avais besoin des cachets de toute façon, donc j'ai décidé de ne plus être enchaînée à eux.

Je voudrais pouvoir dire que c'était comme si un brouillard disparaissait, mais je ne m'en souviens vraiment pas. Ce que je peux dire c'est que tandis que mon cerveau et mon corps s'adaptaient à ne plus avoir de médicaments, j'ai traversé une incroyable période maniaque. J'étais comme une enfant sauvage : yeux exorbités et méfiante. J'ai fini par me calmer et me stabiliser, mais ça a pris un moment.

Aujourd'hui , à l'âge de 29 ans, j'ai un sentiment de clarté que je n'aurais probablement jamais connu si j'étais restée sous médicaments. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir été soumise à la ribambelle d'institutions, psychiatriques et autres. J'essaie d'avoir une vision générale maintenant, et de questionner les méthodes de traitements que moi et de si nombreuses/eux autres avons reçu. Pourquoi suis-je restée muette ? Pourquoi étais-je coincée dans des institutions qui étaient censées m'aider mais qui me blessaient davantage ? Pourquoi n'avais-je pas mon mot à dire sur mon propre traitement, et pourquoi est-ce que ces institutions ne perçoivent pas unE patientE à partir d'une perspective holistique plutôt que comme de simples symptômes ? Ce sont de vastes questions, mais des questions qui devraient être posées par les patientEs et les médecins ; particulièrement les médecins traitant des enfants. Il est temps de faire un pas en arrière et de regarder l'ensemble du tableau. Qu'est-ce qui se passe réellement ? Et est-ce que ces traitements aident ou blessent ?

Source : http://www.madinamerica.com/

Traduction de l'anglais. Cette traduction est participative, toute personne peut proposer des améliorations, cette version est donc en permanence susceptible d'être modifiée.

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