10 façons dont les professionnel·les de la santé mentale augmentent la détresse des personnes en souffrance

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10 façons dont les professionnel·les de la santé mentale augmentent la détresse des personnes en souffrance

Bruce Levine (15/12/13).

Diminuer la souffrance signifie souvent «consoler les affligé·es, et affliger les nanti·es.» Cependant, l'article du Psychotherapy Networker qu'Alternet a récemment republié: «14 habitudes des personnes très malheureuses», écrit par la psychothérapeute Cloe Madanes, semble à l'inverse avoir affligé un grand nombre d'affligé·es. Peut-être que Madanes essayait de toucher les personnes privilégiées qui peuvent s'offrir ses services et ceux de son partenaire Tony Robbins, mais ce groupe de personnes privilégiées exclut beaucoup de lecteurs et lectrices.

Alors que dans la longue série de commentaires de l'article certains étaient positifs, s'accordant à dire que beaucoup de personnes malheureuses choisissaient de se rendre malheureuses, la majorité vilipendaient Madanes, la qualifiant de: «condescendante», «humiliante», «stupide», «insensible», «pompeuse», «porteuse de jugement», «violente», «abusivement narcissique et manipulatrice», et une longue liste d'invectives encore plus méchantes.

Dans les années 80, Madanes a atteint une certaine notoriété parmi les professionnel·les de santé mentale en tant que thérapeute familiale écrivant sur les stratégies interpersonnelles/interactionnistes. Dans les années 2000, elle a fait équipe avec Tony Robbins pour former le Robbins-Madanes Coach Training et le Robbins-Madenes Center for Strategic Intervention. Robbins – dont le patrimoine net est estimé à 480 millions $ – a été un gourou pour les riches et célèbres et pour celles et ceux qui aspirent à plus de succès; iels payent de grosses sommes pour écouter Robbin dans sa version de l’évangile de la psychologie positive : «vous avez un contrôle total sur votre bonheur».

Tandis que Madenes parle des bénéfices de l'altruisme, de la gratitude et des relations satisfaisantes, c'est ses sarcasmes et son manque d'empathie pour les personnes qui ne peuvent pas si aisément être transformées par l'approche des Robbins-Madanes qui a excédé les gens. En réalité nous autres êtres humain·es pouvons parfois être tellement pris·es au piège par des forces oppressives – financières, interpersonnelles, et autres – que de nous faire la leçon en disant que nous devrions nous comporter de façon plus joviale ne fait que créer plus de souffrances. Ce qui nous conduit à la première des 10 façons dont les professionnel·les de santé mentale augmentent la détresse des personnes en souffrance:

1. En prêchant l'approche comportementalo-adaptative de la psychologie positive à des victimes de traumas et de maltraitance.

La maltraitance revêt diverses formes – physique, émotionnelle, verbale et par négligence – toutes transmettent le message : Tu ne mérites pas de respect et d'attention. Alors qu'un nombre non négligeable d'étasunien·nes ont été traumatisé·es par des parent·es ou des conjoint·es abusive-ifs, beaucoup plus d'entre nous sommes les victimes financières de la maltraitance provenant de l'autorité de la corporatocratie au pouvoir (composée de l'élite fortunée, des très grandes entreprises et de leurs collaboratrices et collaborateurs politiciens).

Le trauma et l'humiliation de la maltraitance chronique sont douloureux, et une des réactions humaines normales à des souffrances accablantes reste la dépression, qui est réellement une «stratégie» pour faire taire la souffrance accablante. Que quelqu'un·e soit maltraité·e par un·e parent·e, un·e conjoint·e, ou la corporatocratie, la souffrance qui en résulte peut-être anesthésiée par la dépression, les drogues, et un grand nombre de diversions.

Les gens qui sont découragé·es à un point d'immobilisation n'ont pas besoin de conseils en pensée positive, puisqu'iels se rendent régulièrement compte de ce qu'iels devraient faire, mais manquent de l’énergie nécessaire aux actions constructives. Des conseils condescendants, qui supposent que l'inaction découle de l'ignorance, ne créent que plus de souffrance. Au lieu de cela, les gens ont besoin de compassion, d'amour, et de différentes formes de soutien.

2. En dépolitisant la souffrance humaine.

Selon Madanes, l'habitude n°1 des «personnes très malheureuses» est d'«avoir peur, très peur de perdre de l'argent». En vérité la majorité des gens ont toutes les raisons du monde d'angoisser de perdre de l'argent, étant donné que beaucoup subissent déjà ou sont sur le point de subir le chômage, le travail à temps partiel, les inondations, les dettes étudiantes aberrantes, et d'autres cauchemars financiers.

Mais Madanes déclare, «quand l'économie est difficile, beaucoup de personnes ont peur de perdre leur emploi ou leurs économies. L'art de gâcher votre vie consiste à céder à ses peurs.» Est-ce que les gens sont dans la misère financière parce qu'iels cèdent bêtement à leurs peurs? Ou bien certaines personnes, contrairement à Madanes, subissent une anxiété financière invalidante parce qu'iels ne voient aucune possibilité viable?

3. En ne respectant pas et ne célébrant pas l'inadaptation.

Le discours de Martin Luther King de 1963 aborde le problème de l'obsession sans bornes des professionnel·les de santé mentale pour «l'adaptation». Voici un extrait:

"Il y a un mot que la psychologie moderne utilise plus que n'importe quel autre mot. C'est le mot «inadapté»... Il y a certaines choses dans notre pays et dans le monde auxquelles je suis fier d'être «inadapté»... Je ne compte jamais m'adapter aux conditions économiques qui prennent ce qui est nécessaire au plus grand nombre pour donner du luxe à quelques-un·es. Je ne compte jamais m'adapter à la folie du militarisme, aux effets autodestructeurs de la violence physique...Je suis maintenant convaincu que nous avons besoin d'une nouvelle organisation mondiale: l'Association internationale pour la promotion de l'inadaptation créative."

4. Les abus médicamenteux.

Des adultes véritablement bien informé·es peuvent utiliser avec sagesse un médicament pour récupérer une nuit de sommeil après une semaine d'insomnie leur faisant risquer une crise. Cependant, donner des informations permettant de faire des choix éclairés ne fait pas exactement partie des soins habituels en psychiatrie. L'affaire très médiatisée du Tufts-New England Medical Center (un bastion de l'institution psychiatrique) et de Rebecca Riley révèle que les standards de soin en psychiatrie incluent l'abus médical.

En 2007, 60 Minutes a traité l'affaire de Rebecca qui lorsqu'elle avait 28 mois a été diagnostiquée d'un trouble hyperactif avec déficit de l'attention par son psychiatre, Kayoko Kifuji, qui lui a prescrit de la clonidine, un médicament anti-hypertenseur avec d'importantes propriétés sédatives. Lorsque Rebecca avait 3 ans, Kifuji a ajouté un diagnostic de trouble bipolaire et lui a prescrit deux médicaments additionnels hautement sédatifs, le Seroquel, un antipsychotique, et le Depakote, un anticonvulsif. À l'âge de quatre ans, Rebecca est morte en raison de la toxicité de ces médicaments. Après la mort de Rebecca, le Tufts-New England Medical Center, l'employé de Kiuji, a déclaré à 60 Minutes: «Les soins que nous avons fournis étaient appropriés et respectaient des normes professionnelles responsables.»

Le journaliste d'investigation Robert Whitaker, dans son livre Anatomy of An Epidemic [«Anatomie d'une épidémie»] montre comment, pour un grand nombre d'enfants, les médicaments psychiatriques transforment des problèmes émotionnels/comportementaux bénins et épisodiques en problèmes graves, chroniques et invalidants.

5. En maintenant l'hypocrisie sur les psychotropes [NDT: dans le texte d'origine, le terme employé était "drug" qui en anglais vaut pour «drogue» et pour «médicament»].

Non seulement les psychotropes prescrits et les psychotropes illégaux sont chimiquement similaires, mais ils sont aussi utilisés pour les mêmes raisons, notamment pour atténuer la souffrance afin de pouvoir vivre normalement.

Pendant la guerre du Vietnam, certain·es soldat·es étasunien·nes utilisaient l’héroïne pour atténuer leurs souffrances, et cela inquiétait l'armée étasunienne, car cela menaçait sa détermination à continuer la guerre. Mais en Iraq et en Afghanistan – où selon le Navy Times en 2010, un·e soldat·e étasunien·ne sur six prenait des médicaments psychiatriques, souvent en zone de combat – depuis que les soldat·es sont «traité·es médicalement», l'armée étasunienne et le grand public peuvent nier plus facilement la réalité de l'horreur de la guerre.

L'hypocrisie au sujet des psychotropes conduit aussi à ce que les étasunien·nes soient mal informé·es sur les réalités des médicaments psychotropes, ce qui fait que les étasunien·nes sont plus susceptibles d'en prendre et d'en donner à leurs enfants négligemment. En outre, cette hypocrisie sur les psychotropes augmente aussi la souffrance en permettant la criminalisation et l'incarcération injustes des personnes qui se traitent elles-même avec des psychotropes illégaux.

6. En pathologisant des dimensions normales de notre Humanité.

De la même façon que les religions qui rabaissent la sexualité à un péché, les professionnel·les de santé mentale qui pathologisent le deuil, la timidité, l'entêtement, la rébellion, et d'autres dimensions normales de notre humanité peuvent rendre étrangère à elles-mêmes des personnes vulnérables et causer plus de souffrances.

En 2013, le DSM-5, la bible diagnostique révisée de l'Association américaine de psychiatrie, a pathologisé le deuil normal. En 2008, Christopher Lane (Comment la psychiatrie et l'industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions) a décrit comment la timidité est devenue un trouble de l'anxiété sociale. Et dans un article d'AlterNet de février 2012, "Pourquoi les anti-autoritaires sont diagnostiqué·es malades mental·es?", j'ai détaillé la façon dont l'anti-autoritarisme est psychopathologisé; par exemple, en 1980, l'association américaine de psychiatrie a ajouté le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) à son DSM-3. Les symptômes du TOP incluent «défie ou refuse d'obéir aux demandes ou aux règles des adultes fréquemment et activement» et «se dispute fréquemment avec les adultes».

Depuis 1980, le TOP est devenu un diagnostic de plus en plus populaire, avec un nombre croissant d'enfants prenant des médicaments contre cette «affection». En décembre 2012, les Archives of General Psychiatry ont montré que, entre 1993 et 2009, il y a eu une multiplication par sept de la prescription de médicaments antipsychotiques à des enfants de 13 ans et moins, et que les «troubles du comportement perturbateur» – incluant le TOP – étaient les diagnostics les plus communs chez les enfants prenant des antipsychotiques, comptant pour 63% de celles et ceux qui étaient sous médicaments. Les antipsychotiques sont parmi les plus dangereux médicaments psychiatriques, causant obésité, diabètes, et des «effets secondaires qui réduisent l'espérance de vie», rapporte l'American Family Physician.

7. Absence d'humilité professionnelle.

L'aspect le plus important d'une psychothérapie efficace est la relation positive entre le thérapeute et le/la patient-e. Il existe de nombreuses recherches là-dessus dans "Great Psychotherapy Debate" [le titre signifie «grand débat sur la psychothérapie»], qui montrent que la nature de la relation est beaucoup plus importante que n'importe quelle technique. Les professionnel·les de santé mentale – comme tout·es êtres humain·es – ont des limites et bien souvent iels ne correspondent pas aux patient·es en termes de personnalité, de valeurs, ou d'autres variables significatives, ce qui engendre des relations qui manquent d'affection, de confiance, et de respect.

À cause d'une absence d'humilité professionnelle concernant la capacité d'une personne à créer des relations positives avec toutes et tous les patient·es, deux événements néfastes arrivent souvent quand les patient·es ne font pas de progrès: (1) on permet à une relation qui peut consister en un manque mutuel d'affection, de confiance, ou de respect de perdurer, et les patient·es deviennent encore plus désespéré·es par rapport à leur capacité à faire des progrès; ou (2) les patient·es vont être inutilement mis·es sous traitement médicamenteux, et vont en risquer inutilement les effets indésirables. Trop peu de professionnel·les disent: «Je pense que le problème c'est que nous ne nous entendons pas, et vous feriez mieux d'essayer de former une relation thérapeutique avec quelqu'un d'autre.»

8. En créant le stigmate du défaut biochimique qui isole les personnes en souffrance.

En 2007, le directeur de l'institut national de la santé mentale (NIMH) a écarté la théorie qui voulait qu'une sous-production de sérotonine soit la cause de la dépression, mais la NIMH et l'institution psychiatrique continue de dépenser des milliards de dollars à essayer de prouver que la maladie mentale est avant tout une maladie du cerveau. Dans l'institution de santé mentale, iel a été pensé pendant longtemps que de réduire la maladie mentale à une maladie du cerveau – et minimiser les raisons psychologiques, familiales, sociales, et spirituelles de la souffrance émotionnelle – amènerait moins de stigmatisation. Mais est-ce vrai?

La fondation canadienne pour l'amélioration des services de santé (FCASS) dans “Myth: Reframing Mental Illness as a ‘Brain Disease’ Reduces Stigma,” [«Mythe: reconsidérer la maladie mentale comme une ''maladie du cerveau'' réduirait la stigmatisation»] a rapporté en 2012: «Malgré de bonnes intentions, les faits montrent qu'en réalité les campagnes anti-stigmatisation soulignant la nature biologique de la maladie mentale n'ont pas été efficaces et ont souvent empiré le problème.» L'exemple en est donné par une étude de 2010 dans Psychiatry Research qui a rapporté que pour le grand public, l'acceptation du «modèle biogénétique de la maladie mentale» était associée avec un désir de plus grande distance sociale avec les malades mental·es.

L'étude de la FCASS affirme: «Les faits nous montrent qu'alors que le public fera peut-être moins de reproches à des individus pour leur maladie biologiquement déterminée, l'idée même que leurs actions puissent être au-delà de leur contrôle conscient peut créer la peur de leur imprédictibilité et donc la perception que les malades mental·es sont des personnes dangereuses... ce qui conduit à l'évitement.» Les auteurices estiment que: «les explications biologiques peuvent également instiller une attitude de type ''nous contre eux'', en définissant les individus souffrant d'une maladie mentale comme fondamentalement différent·es.»

9. En focalisant exclusivement sur les symptômes des patient·es au détriment de leur humanité.

En 2011 le New York Times (“Talk Doesn’t Pay, So Psychiatry Turns Instead to Drug Therapy”) [«La parole ne rapporte pas, donc la psychiatrie préfère se tourner vers la thérapie par les médicaments»] a rapporté qu'«une étude gouvernementale de 2005 a découvert que seulement 11% des psychiatres offraient une cure par la parole à tous·tes leurs patient·es.» Comme le souligne l'article, les psychiatres peuvent gagner bien plus d'argent en offrant avant tout une «gestion de médicaments».

Une séance classique de gestion de médicaments consiste à vérifier les symptômes et mettre à jour les prescriptions, et les patient·es rentrent et sortent avec une nouvelle ordonnance en cinq à dix minutes. Il est courant que les séances de gestion de médicaments soient programmées tous les deux ou trois mois, et les patient·es me racontent que durant ces rendez-vous, le médecin a souvent besoin de regarder ses dossiers pour se souvenir de leur nom. Avec de tels traitements à la chaîne, il n'y a pratiquement aucune chance qu'une relation se forme, et la possibilité d’accidentellement guérir à travers l'humanité de quelqu'un-e d'autre disparaît. Et en se focalisant uniquement sur ce qui ne va pas chez les patient·es – leurs symptômes – les patient·es peuvent souffrir davantage.

«La dépression est en partie définie, et largement maintenue par le fait d'être centré sur soi», rapporte la psychologue et chercheuse Jill Litrell, et la gestion de médicaments n'est pas la seule façon par laquelle les professionnel·les de santé mentale provoquent une plus grande focalisation sur soi et ses symptômes. Ces problèmes peuvent aussi être causés par des psychothérapeutes, nous rapporte Litrell dans son article de 2013 «Talk Therapy Can Cause Harm, Too[«Les thérapies par la parole peuvent aussi causer des dommages».]

La morale, la guérison d'un trauma, et le fait d'apprendre à se concentrer en dehors de ses symptômes sur des activités, des événements extérieurs, et sur d'autres personnes est ce qu'il y a de plus utile pour beaucoup de personnes déprimées ou souffrant émotionnellement. La souffrance est réduite en augmentant les relations satisfaisantes et en augmentant le respect de soi – pas en augmentant le repli sur soi [«self-absorption» en anglais]. Malheureusement, de trop grand nombre de professionnel·les de santé mentale créent une augmentation du repli sur soi, qui est souvent accompagnée d'une augmentation de l'isolement, de relations insatisfaisantes et de plus grandes souffrances.

10. L'hypocrisie par rapport au conflit d’intérêts.

Les professionnel·les ont un grand pouvoir pour maintenir leur «flux de revenus». Iels peuvent, par exemple, vendre aux patients l'idée que leur dépression passagère est une maladie du déséquilibre biochimique, au même titre que le diabète est une maladie, et qu'iels vont devoir être sous médicaments toute leur vie. Iels peuvent saboter les autres relations des patient·es en se concentrant sur – et en aidant à exagérer – des frustrations mineures avec des ami·es ou des intimes, avec pour conséquence l'isolement de la/le patient·e et sa totale dépendance vis à vis de la/le professionnel·le.

Le travail de la/le professionnel·le cesse lorsque le traitement est efficace, donc les professionnel·les qui font bien leur travail se tire une balle dans le pied financièrement. Si ceci n'est pas un conflit d'intérêts, qu'est-ce que c'est? Il est fort probable que cela soit également vrai pour les avocat·es spécialisé·es dans les divorces, les mécanicien·es, et autres professionnel·les qui gagnent leur vie avec les problèmes des autres. Ceci ne veut pas dire que beaucoup de gens qui gagnent leur vie avec les problèmes des autres ne transcendent pas ce conflit fondamental en faisant ce qu'il faut – mais pas s'iels nient ce conflit d'intérêt inhérent.

Ces 10 domaines ne représentent pas les seules façons dont les professionnel·les de santé mentale peuvent augmenter la détresse des personnes qui souffrent. Trop souvent, les professionnel·les ne valorisent pas les crises émotionnelles comme des moyens de découvertes spirituelles et des chemins vers la rencontre de nouvelles personnes. De plus, les patient·es ne subissent pas seulement les graves effets indésirables à long terme causés par les médicaments psychiatriques, mais aussi par la thérapie électroconvulsive (TEC), qui continue d'être utilisée aux États-Unis. Et il existe d'autres effets indésirables physiques, psychologiques, spirituels, et sociétaux causés par les professionnel·les de santé mentale.

On me demande souvent : «Vos collègues ne se fâchent-iels pas contre vous parce que vous révéler ce qui pose problème dans la profession ?» Pour faire court la réponse est que tous·tes ne se fâchent pas. Les professionnel·les de santé mentale qui sont embarrassé·es et touché·es par ce qu'est devenue leur profession me disent souvent que ce que je dis les aide à se sentir valorisé·es et moins aliéné·es. Cependant, il est vrai que l'institution de santé mentale, y compris l'Association américaine de psychologie et l'Association américaine de psychiatrie, qui se focalise surtout sur le maintien du prestige professionnel n'est pas du tout rassurée par ce que j'ai à dire. Mais n'est-ce pas le travail de celles et ceux qui se soucient de réduire la souffrance et l'injustice que de «consoler les affligé·es, et affliger les nanti·es»?

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Source : www.madinamerica.com

Traduit de l'anglais. Cette traduction est participative et D.I.Y., toute personne peut proposer des améliorations en nous contactant, cette version est donc en permanence susceptible d'être modifiée.