''Surviving Race'', lutter à l'intersection de la race et du handicap

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''Surviving Race'', lutter à l'intersection de la race et du handicap

Deux textes de ''Surviving Race'', un groupe étasunien principalement constitué de personnes racisées ayant des antécédents psychiatriques, et créé pour ''explorer les intersections entre la race et le handicap dans le mouvement des droits humains''. Le 1er texte présente les principaux objectifs du groupe, le second énonce 5 pistes d'actions possibles.

 

 

Surviving Race: À l'Intersection de l'injustice, du handicap et des droits humains, a débuté en 2014 par solidarité avec les militant·es à travers le pays qui dénonçaient la responsabilité des membres des forces de l'ordre dans la mort de Michael Brown à Ferguson, Missouri et d'Eric Garner, de Staten Island, New York. Nous nous sommes rassemblé·es en tant que personnes ayant des antécédents psychiatriques, racisées pour beaucoup d'entre nous, dans le but de mettre fin au schéma de la violence raciste aboutissant à l'usage de la force meurtrière.

 

Le groupe Facebook Surviving Race a été créé pour explorer les intersections entre la race et le handicap dans le mouvement pour les droits humains. Au cours des deux dernières années, nous avons acquis une meilleure organisation et nous travaillons maintenant sur plusieurs fronts pour développer et utiliser une plate-forme qui représente nos préoccupations, nos demandes et nos propositions.

 

Surviving Race vous invite à nous rejoindre dans notre travail pour éliminer le racisme dans nos mouvements, dans la psychiatrie et dans la société dans son ensemble.

 

La Mission de Surviving Race

Créer et soutenir des activités antiracistes locales et nationales pour dénoncer et éliminer les meurtres de la police, les violences policières et l'incarcération de masse en général et plus particulièrement celle qui concerne la psychiatrie/"santé mentale" et les mouvements de survivant·es/droits humains. Nous visons à mettre un terme aux processus qui mènent beaucoup trop de personnes racisées dès l'école maternelle directement vers les foyers d'accueil, l'incarcération de masse et l'internement psychiatrique.

 

S'organiser au Plan Macro et Micro

Nous avons besoin d'une perspective macro et micro dans nos actions de lutte contre le racisme à la fois au niveau macro, socialement, au sein de la société, et au niveau micro, au sein de nos propres mouvements. De même, nous nous attaquons aux raisons d'être économiques de la psychiatrie ainsi qu'aux difficultés économiques de celleux qui subissent la psychiatrie.

 

Soutenir les personnes racisées dans les rôles de leaders de notre(nos) mouvement(s)
Les personnes racisées qui sont massivement représentées en psychiatrie, et institutionnalisées (en particulier par la psychiatrie judiciaire), doivent également être massivement surreprésentées dans des postes de leaders dans le travail de «pairs», dans les organisations pensées comme des alternatives à la psychiatrie, dans la défense de leurs droits, et dans l'activisme des différents mouvements de droits humains.

 

Soutenir la dénonciation et l'élimination du racisme dans nos mouvements
La majeure partie des services et des mouvements de travailleuseurs «pairs» est largement constituée, presque entièrement, de personnes blanches. Nous remettons en question le leadership actuel de toutes nos organisations.

 

Soutenir les personnes racisées qui dénoncent le racisme
Quand les personnes racisées s’élèvent pour dire que la structure du pouvoir blanc doit être considérée comme responsable du racisme, l'idée frauduleuse de «racisme inversé» est utilisée par les personnes blanches pour détourner l'attention des problèmes structurels du pouvoir blanc.

 

Soutenir les personnes blanches qui rendent des comptes sur leur propre responsabilité et celle des autres personnes blanches concernant le racisme
Les personnes blanches déterminées à défendre la justice raciale doivent affronter les personnes blanches qui adhèrent à ces idées frauduleuses ou qui consentent tacitement à d'autres formes de privilège blanc, comme la sous-représentation des personnes racisées dans les mouvements de survivant·es/droits humains.

 

Soutenir l'élimination des violences policières et des crimes policiers. Mettre un terme aux appels à la police pour des raisons prétendument psychiatriques.
Tant que les forces de police ne s'attaqueront pas au racisme institutionnel et structurel et à la discrimination envers les personnes psychiatrisées (en dénonçant la réalité de la psychiatrie), dans les activités quotidiennes de la police de ce pays, il n'y aura pas de réconciliation possible après les vies déjà perdues à cause des violences policières, et toujours plus de gens perdront la vie dans les crimes brutaux continuels et incontrôlés.

 

Soutenir les actions qui obligent les policiers, les psychiatres et les autres responsables à rendre compte des violences envers les personnes ayant des antécédents psychiatriques.
La police ne peut pas se contrôler elle-même. Au minimum, il doit y avoir des enquêtes indépendantes sur chaque incident présumé de violences policières et de meurtres policiers. Des conséquences externes et des sanctions doivent être mises en place, y compris en appliquant aux membres de la police les mêmes règles que pour toute autre personne. Pour ce faire, un organisme de surveillance indépendant est nécessaire.

 

Soutenir l'interdiction et l'élimination du profilage psychiatrique.
Nous devons éliminer le profilage psychiatrique, et non le justifier et l'élargir. La désinformation discriminatoire est répandue un peu partout et alimente l'acceptation sociale des crimes et des violences policières contre les personnes ayant des antécédents psychiatriques. Les gens évoquent toute sorte de discriminations, mais quand il s'agit de «santé mentale», c'est comme si tout ce qui nous arrive était justifiable. Lorsque rejaillissent les antécédents psychiatriques d'une personne qui comparait devant la justice, cela aggrave l'oppression et détourne l'attention du racisme et de l'oppression économique comme racines du problème.

 

Soutenir la dénonciation de l'oppression psychiatrique comme une autre forme d'oppression.
Les personnes racisées connaissent de multiples niveaux d'oppression et ceux-ci ne se limitent pas aux discriminations sociales, culturelles, légales, politiques, économiques, spirituelles, éducatives, sexuelles, historiques et médiatiques. Une personne racisée qui est psychiatrisée est soumise à un autre niveau d'oppression. L'oppression psychiatrique, exercée en particulier par le pouvoir de l'État, fait courir un risque accru de psychiatrie judiciaire, d'institutionnalisation et de soins ambulatoires obligatoires.

 

Soutenir l'abolition des institutions psychiatriques, de la psychiatrie judiciaire, et des prisons.
Nous soutenons la décriminalisation des infractions non violentes. Nous ne pouvons pas permettre à l'État de capturer toutes ces recettes et tou·tes ces êtres humain·es dans des institutions psychiatriques et dans des soins ambulatoires sans consentement. C'est du pareil au même. Nous soutenons l'abolition des prisons et des institutions psychiatriques, qui sont toutes deux le New Jim Crow (c-à-d l'emprisonnement des Afro-Américain·es et d'autres personnes racisées).

 

 

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5 IDÉES POUR

SE PROTÉGER

CONTRE

LA POLICE

POUR LES PERSONNES QUI ONT

DES ANTÉCÉDENTS PSYCHIATRIQUES

 

 Tous les ans des personnes sont blessées et tuées par la police,
appelée en raison de supposés "troubles émotionnels
".

 

1) ARRÊTER D’APPELER LE 17 (LA POLICE) POUR DE SOI-DISANT RAISONS PSYCHIATRIQUES/DE "SANTÉ MENTALE".

Appelez un·e ami·e, un·e membre de la famille, une organisation communautaire ou religieuse, une ligne de soutien, ou des services alternatifs sensibilisés aux traumatismes.

 

2) METTRE UN TERME AU PROFILAGE PSYCHIATRIQUE.

Nous devons éliminer les pratiques inefficaces et dangereuses de profilage psychiatrique, non pas les justifier et les étendre. Les antécédents de diagnostics réels ou perçus, de "soins", ou d’institutionnalisations sont souvent utilisés pour justifier le meurtre ou les violences policières.

 

3) RÉGLER LE PROBLÈME À LA SOURCE, SANS ATTENDRE LE MOMENT DE CRISE.

Nous ne préconisons pas l'utilisation de la psychiatrie. Si les gens demandent de l'aide à des services, les services devraient être disponibles 24 heures sur 24 pour les personnes qu'ils sont censés servir. Les services psychiatriques et de «santé mentale» doivent effectuer un changement de paradigme et cesser de demander aux gens d'appeler la police quand ils ne sont pas disponibles. Il faut interdire la pratique des messages vocaux dans les services de «santé mentale» demandant aux gens d'appeler la police.

 

4) METTRE FIN AU RACISME, À LA MISOGYNIE, À L'HOMOPHOBIE, À LA TRANSPHOBIE, AU CLASSISME, ET AUX AUTRES OPPRESSIONS STRUCTURELLES DANS LES POLITIQUES ET LES PRATIQUES DE "SANTÉ MENTALE".

Consulter les communautés afin d'identifier, traiter et éliminer les lois, les politiques institutionnelles, les pratiques et les financements qui perpétuent l'oppression, la violence, la discrimination et les traumatismes dans les systèmes psychiatrique/de santé mentale et judiciaire.

 

5) S'INFORMER.

Des antécédents psychiatriques connus ou supposés augmentent le risque qu'une personne soit tué·e par la police. Arrêtons d’appeler le 17.

 

Pour plus d'informations sur les alternatives aux appels à la police: rendez-vous sur SURVIVING RACE: AT THE INTERSECTION OF INJUSTICE, DISABILITY, AND HUMAN RIGHTS 

 

http://survivingrace2014.wixsite.com/platformdevelopment

★★★

Source : survivingrace2014.wixsite.com. Pour télécharger l'intégralité du 1er texte en anglais et en PDF c'est ici, et le second c'est par là.

Traduit de l'anglais. Cette traduction est participative et D.I.Y., toute personne peut proposer des améliorations, cette version est donc en permanence susceptible d'être modifiée. 

 

Illustration: dessin en gros plan de deux mains qui se rapprochent l'une de l'autre.