À Propos de Zinzin Zine

 

Zinzin Zine est un blog participatif qui vise à diffuser des outils théoriques et pratiques pour lutter contre le système psychiatrique et la psychophobie, par soi-même ou à plusieurs.

Contact Mail: zinzinzine[@]riseup.net

 

Zinzin Zine est tenu par une personne qui se charge de coordonner les diverses contributions possibles. Pour contextualiser, la coordinatrice est une anarchiste féministe, une femme cis, adulte, blanche, non-hétérosexuelle, psychiatrisée et psychoatypique, aux revenus personnels faibles (AAH), née en banlieue française de parents immigréEs et prolétaires qui se sont graduellement enrichiEs (transfuges de classe), de sorte qu'elle bénéficie maintenant de certains privilèges bourgeois et donc du filet de sécurité matérielle qui va avec (logement pérenne et aide financière occasionnelle)

Zinzin Zine sera forcément nourri et traversé par les idées et les expériences personnelles et collectives de sa coordinatrice et ne prétend pas représenter la totalité et la diversité des personnes directement concernées par le système psychiatrique et la psychophobie.

 

De nombreuses formes de contributions sont possibles (textes, images, sons, traductions, sous-titrage de vidéos etc.) sachant que le résumé ci-dessous présente le fil conducteur du blog: la perspective révolutionnaire.

Toutes les participations extérieures n'ont pas besoin de se considérer elles-mêmes comme révolutionnaires, mais cette présentation vise à permettre à chaque personne souhaitant éventuellement participer de mieux comprendre de quoi il s'agit ici. La coordinatrice essaie de répondre à tout le monde, mais ce n'est pas toujours possible, ces capacités étant fluctuantes (très).

 

Contact Mail: zinzinzine[@]riseup.net


 

CETTE PRÉSENTATION EST MODIFIÉE ET AUGMENTÉE DE TEMPS EN TEMPS

 

L'analyse critique des discours psys
 

L'analyse critique nous semble être une prémisse inévitable. La psychiatrie est une institution de coercition et de contrôle social médicalisée, un pouvoir déguisé en savoir. Étant donné la place centrale qu'elle occupe de nos jours, il nous paraît primordial de développer les outils d’analyses nécessaires à comprendre et à combattre son pouvoir. Depuis sa création la psychiatrie a notamment été utilisée comme un moyen de légitimer/invisibiliser les systèmes d'oppressions en pathologisant certaines réactions de défense des oppriméEs et en prônant l'adaptation aux divers systèmes d'oppressions comme norme de santé mentale. Elle est une institution répressive médicalisée visant non pas à résoudre les problèmes des individus, mais à résoudre les problèmes que des individus posent à l'organisation sociale. Son pouvoir s'inscrit aussi dans un contexte historique, elle qui a remplacé l'institution religieuse à cette fonction de contrôle social et de reproduction de l'ordre établi, et qui pourrait parfaitement être remplacée par une autre forme de contrôle social institué, en fonction de ce qui légitime le plus efficacement ce pouvoir, à une époque donnée.

Trop de personnes sont confrontées quotidiennement aux violences psychiatriques et à la déshumanisation qui en résulte et trop peu d'outils d'autodéfense théoriques et pratiques sont à leur disposition. Les psys ont le pouvoir de nous assigner à une place sociale asphyxiante à grands coups de justifications médicales présentées comme objectives, neutres et bienveillantes (c'est-à-dire au-dessus de toute critique possible) et il est alors vital de savoir qu'il n'y a pas de fatalité à accepter cette place et que d'autres voies sont possibles.

Trouver d'autres approches
 

Nous ne pensons pas que la volonté de mettre fin au système psychiatrique soit antagoniste du fait de chercher aussi dès maintenant à s'organiser autrement. Nous ne voulons pas d'une "psychiatrie alternative", par contre, sous certaines conditions, nous pouvons chercher à expérimenter des alternatives à la psychiatrie. Nous cherchons dès aujourd'hui des moyens collectifs, non coercitif et non-carcéraux, de répondre aux souffrances. Nous ne voulons pas améliorer (réformer) le système psychiatrique, un système foncièrement coercitif, mais l'abolir, pour qu'une autre organisation collective puisse véritablement émerger. Les alternatives à la psychiatrie pouvant être des façons d'éroder le système avant de pouvoir s'en débarrasser. Nous n'attendrons ni pour combattre ce qui existe, ni pour construire de véritables liens d'entraide partout et à chaque fois que c'est possible. Nous ne sommes pas contre le soin, le soutien et l'entraide psychologiques, nous sommes contre  l'instrumentalisation du ''soin'' par la psychiatrie dans un but de coercition et de contrôle social. Si à terme, notre lutte vise l'abolition de l'institution psychiatrique, il ne s'agit certainement pas de priver qui que ce soit de l'aide dont iel estimerait avoir besoin. Notre combat se fonde avant tout sur les besoins et les intérêts des personnes les plus touchées par les violences psychiatriques, en terme de solidarité, de soutien, de soin et d'autodetermination. Cela peut passer entre autres par la lutte contre nos conditions de vies insoutenables, par l'entraide collective face aux difficultés psychiques et par le fait de regagner dès aujourd'hui un maximum de pouvoir face à l'institution psychiatrique (par ex. en luttant contre tout recourt possible à la contrainte). Nous refusons le chantage morbide dans lequel nous enferme le système actuel, où notre seul horizon est de subir des violences répressives déguisées en soin, ou bien de les fuir et de nous retrouver alors presque entièrement livréEs à nous-mêmes.

Notre lutte passe aussi par l’autodétermination et la réappropriation des manières de concevoir et de prendre soin de nos diverses atypicités et souffrances psychiques considérées comme anormales et pathologiques. Nous tentons de développer de meilleures connaissances de ces phénomènes. Nous ne pensons pas que l'on puisse entièrement séparer les manifestations de détresse psychologique humaine de l'environnement social, historique et culturel dans lequel elles émergent, donc aussi des systèmes patriarcal, capitaliste, raciste, validiste, âgiste, hétérosexiste, cisexiste, etc, dans lesquels nous vivons.

C'est pourquoi nous cherchons des points de vue sur les souffrances psychiques qui prennent en compte ces systèmes ainsi que les conséquences psychologiques des violences systémiques qui en résultent. Mais attention, pente glisante, il ne s'agit surtout pas de psychiatriser les oppriméEs, en prétendant qu'iels seraient des "malades" qui auraient surtout besoin de voir un bon psy, augmentant ainsi les filets de la psychiatrie et notre impuissance à modifier le monde extérieur. Au contraire, il s'agit de dépsychiatriser les fous/folles, de nous libérer au maximum des mailles de la psychiatrie, en montrant tout ce qu'il a de logique à nos souffrances et à quel point la meilleure façon de les soulager reste encore la transformation de nos conditions de vies. Cela passe donc davantage par la solidarité et la lutte contre les diverses violences et injustices que par un quelconque remède psychiatrique. Fondamentalement, ce n'est pas nous qui "dysfonctionnons", mais ce monde insoutenable. Nos souffrances sont principalement causées ou exacerbées par des violences sociales et environnementales et non par des défauts individuels que la psychiatrie se doit de corriger. Ce qui ne veut absolument pas dire que, faute de mieux, nous ne devons pas utiliser certains outils psy actuels, en nous formant à l'usage le plus raisonné possible des médicaments psychotropes, ou en cherchant une écoute professionnelle sans se leurrer sur les limites d'un tel cadre.

La psychiatrie vise à NOUS changer pour que rien d'autre ne change, nous voulons que LE MONDE change, pour que nous n'ayons plus à subir ces violences quotidiennes et les souffrances qui vont avec. Ainsi, dépsychiatriser c'est dénaturaliser les violences sociales et prendre en compte tout ce qu'il y a de parfaitement sain dans nos malêtres.

Parralèlement, nous nous intéresserons aussi à des modèles qui permettent de reconnaître l'importance de la diversité des fonctionnements psychologiques humains. Dans cette société ultra-standardisée, nous pensons qu'il est nécessaire de proposer d'autres perspectives (les nôtres!) sur nos divers fonctionnements mentaux, nos différentes manières d'être au monde, nos crises existentielles, nos états de conscience atypiques, nos tristesses ou nos joies extrêmes et toutes autres manifestations psychologiques ou comportementales considérées comme "anormales" et réprimées comme telles.


Ce qui nous semble presque évident est bien entendu inexistant dans les discours psy dominants qui sont le bras médicalisé du capitalisme et les promoteurs de l'individualisme le plus effréné. À travers ces idéologies, non seulement nos réactions saines à un environnement malsain sont psychiatrisées, masquant ainsi le réel impact que l'environnement social a sur nous (les psychanalystes réduiront nos problèmes à des conflits intrapsychiques, les biologistes à des dysfonctionnements neuronaux, les comportementalistes à des schémas de pensée erronés, etc.) mais de plus, les fonctionnements mentaux qui ne correspondent pas assez à l'idéal capitaliste de la personne normale, adaptée, productive et utile au système, sont pathologisés et par conséquent perçus comme des défauts humains à éradiquer et non comme des manifestations de la diversité mentale humaine.

Ni pureté ni perfection
 


Notre perspective est celle d'une libération de tout système d'oppression, quel qu'il soit. Mais nous n'avons ni la prétention ni l'envie de construire un nouveau savoir clés en main pour gérer la Folie, ou la Révolution. Nous ne revendiquons aucune pureté théorique. Nous voudrions simplement que chaque personne qui passe par ici puisse trouver des outils dont iel pourrait avoir besoin, pour combattre le système psychiatrique et la psychophobie, pour essayer de comprendre par soi-même ou à plusieurs de quoi peut être fait son mal-être ou ses crises existentielles, ou encore pour prendre mieux soin de soi et des autres.

Toutes les contributions présentées ici ont pour but d'être des supports pour la discussion, la réflexion et l'action autour de ces questions, mais pas des guides à suivre au pied de la lettre. Quoiqu'en disent les maîtres à penser, deux des pires obstacles des luttes révolutionnaires ne sont pas les erreurs ou les errements, mais bien la passivité, le dogmatisme et la résignation qui vient quand on attend des textes parfaits comme on attendrait la révélation divine. La théorisation n'en reste pas moins essentielle, seulement cet effort de théorisation est ici perçu comme un processus collectif et progressif, devant être le fruit d'un va-et-vient permanent entre les actions menées dans les luttes et la réflexion et non quelque chose qui devrait sortir tout cru de la bouche du prochain messie.


Si notre propre perspective est révolutionnaire, ce ne sera pas forcément le cas de toutes les contributions présentées ici. Notre parti pris est d'accepter des contributions avec lesquelles nous ne partageons pas nécessairement toutes les considérations, à partir du moment où nous pensons qu'elles peuvent tout de même être utiles à nos luttes. Pour autant, nous ne publierons bien sûr pas n'importe quels textes, puisque nous n'accepterons aucune contribution qui cherche volontairement à véhiculer des idées oppressives, quelles qu'elles soient. Et comme on peut se tromper, n'hésitez pas à nous faire savoir si vous pensez qu'une contribution pose problème, ou si vous voulez inclure une note ou une introduction pour apporter des précisions ou des critiques qui vous semblerait nécessaires.

Si nous avons une grande préférence pour les contributions des personnes les plus touchéEs par les violences psychiatriques, nous acceptons aussi des contributions de personnes alliéEs, ainsi que celles de professionnelLEs de la santé mentale, lorsq'iels tentent de produire des autocritiques ou qu'iels partagent des savoirs utiles. Étant donné la variété des sources desquelles nous chercherons à tirer des pistes libératrices, nous sommes conscientEs que certaines idées entreront parfois en contradiction. Certaines personnes s'approprient le vocabulaire des diagnostics psychiatriques quand d'autres les rejettent, par exemple. Nous assumons entièrement ces contradictions qui nous paraissent davantage refléter la singularité du cheminement de personnes qui s'interrogent et luttent contre un système d'une violence implacable, que des visées catégoriquement antagonistes. Nous sommes de celleux qui pensent que pour en finir avec toutes les oppressions, pour arriver à la liberté et à l'entraide de touTEs, autant de petits pas que de grands coups dans la machine sont nécessaires, dans la mesure des moyens, des besoins et des capacités de chacunEs.

Bonne navigation et vive la lutte des psychiatriséEs et de touTEs les oppriméEs!

 

Illustration 1: un dessin représentant unE personnage hautE en couleur, entouréE de tempêtes d'éclairs, de flammes et d'étoiles filantes. Il est écrit en castillan: "motivation totale contre la normalité". Crédit: El Cometa Ludo

Illustration 2: logo original des Mad Pride du Royaume-Uni,dans lequel le symbole anarchiste du ''A'' cerclé remplace le ''A'' de MAD

Illustration 3 : noir et blanc, deux tiges de plantes entourées de bannières sur lesquelles est écrit "A new world in our heart" [Un nouveau monde dans notre coeur]. Crédit : Amanda Priebe

Illustration 3 : un dessin d'un crâne d'être humainE de profil, avec une galaxie chatoyante à la place du cerveau

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Description de l'image de fond de la bannière du blog : un gros plan partiel d'une étoile à 16 branches aux multiples couleurs vives: rouge, orange, rose et bleu, sur fond blanc. Crédit image : Tabitha Bianca Brown

Description de l'image de la partie "à propos": Badge au fond rose clair, il est écrit en noir :
"SI C'EST CONTRAINT C'EST PAS DU SOIN"

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