Rassemblement et pétition pour la déconjugalisation de l’AAH, on lâche rien !

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Dessin en noir et blanc, différentes personnes handies traversent la rue. Une personne a un appareil auditif, une autre a des béquilles et une jambe dans le plâtre, une autre se tient simplement debout sur un passage piéton, une autre se déplace en déambulateur, une autre en fauteuil, une autre marche avec une prothèse, et une autre avec une canne et un chien d’assistance.


Grâce à une large mobilisation collective, la pétition adressée au Sénat pour désolidariser le calcul de l’AAH des revenus conjugaux a été un succès.

Le Sénat a examiné favorablement le projet de loi et proposé des amendements visant à garantir qu'aucune personne ne soit lésée par cette réforme, notamment en permettant aux gens qui le souhaiteraient de pouvoir rester sur le mode actuel de calcul pendant 10 ans. Le projet de loi doit donc à nouveau être débattu à l’assemblée le 17 juin.

La 1re bataille a été gagnée et un début de rapport de force a été créé, mais ce n’est pas le moment de relâcher nos efforts, au contraire, prolongeons ce précieux élan de solidarité et mettons un maximum de pression aux membres de l’Assemblée pour en finir avec cette injustice.

Un rassemblement est organisé le dimanche 13 juin à 14h30 à Paris, sur le parvis de l'Hôtel de ville, par Act Up.

De plus, suite à la concertation de plusieurs collectifs, associations et militant'es, une seconde pétition a été lancée, cette fois sur la plateforme officielle de l’Assemblée Nationale. Vous trouverez ci-dessous le lien de cette pétition à signer et faire tourner.

Donnons de la force à ces mobilisations !

Et pour rappel, le texte rédigé à l’occasion de la 1re pétition :

Cette pétition vise à ce que le montant de l’AAH ne soit plus conditionné aux revenus du/de la conjoint'e. Actuellement, une personne handicapée qui touche l’AAH et qui décide de vivre en couple voit son AAH diminué ou supprimé en fonction de combien gagne son/sa conjoint'e.

Non seulement c’est une entrave à notre vie de couple qui alimente notre exclusion sociale, mais de plus cela crée une telle situation d’emprise que les risques de violence conjugales sont décuplées, alors même que les femmes handicapées sont déjà particulièrement à risque. Ce système tue !

Notre indépendance et sécurité financière au sein d’un couple est rendue impossible. Notre survie ne doit pas dépendre de la charité et du bon vouloir de notre conjoint'e. L’État ne peut pas exiger que nous choisissions entre isolement ou dépendance, entre vivre seul·e ou accepter d’être placé'e sous la domination de notre conjoint'e. Les personnes handicapées ne sont pas des êtres humain·es au rabais, nous avons des droits et cette situation est incompatible avec le respect de la dignité et des droits humains.

Contrairement aux pétitions classiques, celle-ci a été proposé et accepté sur la plateforme officielle du Sénat, elle peut donc constituer un levier juridique : à partir de 100 000 signatures la pétition doit obligatoirement être étudiée par la Conférence des présidents du Sénat.

Si les pétitions ne font pas partie de vos outils militants habituels, c'est compréhensible, mais ici on s'en fout, il ne s’agit pas d’un débat sur le bien-fondé des pétitions. Il s’agit de soutenir des personnes fragilisées en lutte pour leur survie. Il s'agit de diminuer concrètement les situations de violences subies par des personnes handies, en attendant de pouvoir faire plus et mieux.

Signer cette pétition prend quelques minutes, c’est gratuit, c’est sécurisé par France Connect, mais ça reste anonyme et ne requiert pas la nationalité française.

Au pire vous aurez perdu 5mn, au mieux vous aurez contribuez à une réforme primordiale dans la lutte contre les violences conjugales et l’exclusion sociale. Alors pas d’excuse, signez et faite tournez !

Zinzin Zine